noirblanc

Evening Land: un pays imaginaire

Bernard Descamps

28.01.2006

 — 05.03.2006

vernissage: 28.01.2006

Je réalise des images qui ne décrivent pas les objets ou les événements, qui ne racontent rien, mais qui voudraient dévoiler de minuscules fragments du temps.

Je cherche seulement à dialoguer avec ce qui me dépasse, ce que je ne comprends pas, ce qui est source de rêve et de désir, solitaire et désespéré face au grotesque et à l’horrible, là où la philosophie et la poésie sont les seuls remèdes…

Décrire la beauté du monde, s’extasier devant la richesse des cultures, découvrir l’autre, furent les révélations offertes à l’innocence des premiers voyageurs.
Je ne voyage que pour me rencontrer, pour trouver mes images, celles qui sont en moi et que j’essaye inlassablement de faire apparaître.
L’autre est un guide, un initiateur et un complice dans cette quête.

J’ai toujours espéré que derrière l’aspect visible des choses, se cachait un esprit : une sorte d’animisme dans lequel la photographie pourrait révéler un peu de cet au-delà…

Suffirait-il d’arrêter le temps pour voir au-delà des apparences ?

Photographier le corps, la terre (celle sur laquelle on a les pieds), l’équilibre du corps et de la terre, dévoiler ces brefs instants de vie, imaginer.
Rêver d’une image idéale.

Je l’ai cherchée, cette image, je la chercherai encore, en Afrique, aux origines de l’homme, dans cette sécheresse féconde qui vit naître Lucy, en Asie, dans l’eau des fleuves, des océans. Peut-être l’apercevrai-je furtivement un jour ?…

Entrevoir, voir sans rien pouvoir dire, faute de mots exacts, faire des images,
juste des images…

Bernard DESCAMPS Juin 2001