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Les enfants de Tchernobyl sont devenus grands

Niels Ackermann

08.11.2015

 — 20.12.2015

vernissage: 07.11.2015 dès 17h30
en présence du photographe
présentation de l’exposition: 18h

Grâce au soutien de la Ville de Nyon, FOCALE est heureuse d’annoncer l’exposition du lauréat de la quatrième édition de son prix, qui offre à un photographe talentueux un lieu d’exposition et un soutien à la production d’un montant de CHF 5’000.

Le Prix FOCALE – Ville de Nyon revient cette année à Niels Ackermann (Genève, 1987, membre de l’agence Lundi13). En récompensant le photographe, le jury a souhaité saluer un travail extraordinaire sur des relations humaines, personnelles et intimes. D’une part, Niels Ackermann nous fait découvrir un groupe d’amis ; l’insouciance de la jeunesse, les tâtonnements, les fêtes, les histoires d’amour et les excès, sorte de dramaturgie du passage délicat à l’âge adulte. Il s’agit d’autre part d’une observation fine de la ville de Slavutych, qui n’existe que pour de tristes raisons – l’accident nucléaire de Tchernobyl. Les habitants y vivent au jour le jour, font face à un avenir incertain.
Pour les membres du jury, ce travail se distingue par l’immersion totale de son auteur dans un microcosme social, une approche légère, en même temps qu’une analyse juste et profonde.

Même si le Prix FOCALE – Ville de Nyon ne revient qu’à un seul photographe, le jury tient également à féliciter Olivier Lovey et Yann Laubscher pour leurs travaux respectifs.

« Ici, plus de gens meurent à cause de la drogue et de l’alcool qu’à cause de la radioactivité » m’expliquait Kiril en pointant la tombe de son meilleur ami, tombé d’un balcon lors d’une soirée trop arrosée.
En 2016, le monde va commémorer les trente ans de la catastrophe de Tchernobyl. Au lieu de rappeler les conséquences déjà maintes fois vues de l’accident, j’ai choisi de me tourner vers l’avenir en suivant durant trois ans la jeunesse de Slavutych: la ville la plus jeune d’Ukraine, la ville née de cette catastrophe.
Le reportage suit Yulia, une adolescente que j’ai vu se transformer en une jeune adulte devant mon appareil. Au fil des mois, la jeune fille a troqué fêtes, conquêtes d’un soir et alcool contre un travail, des responsabilités et une vie de femme mariée. Elle et ses amis m’ont laissé les suivre dans cette phase cruciale où l’on décide ce que l’on veut faire de sa vie, où et avec qui. Une transformation que connaît également son pays, lequel s’émancipe dans le sang et la douleur de sa voisine Russie. La jeunesse de Slavutych,
comme celle du pays tout entier, doit réparer les erreurs de ses parents et bâtir un futur serein et prospère.
Construite au milieu d’une forêt à 40 kilomètres de la centrale accidentée, Slavutych se voulait l’une des dernières vitrines de la grandeur soviétique. Depuis que la centrale a cessé de produire de l’électricité, en l’an 2000, son avenir ne dépend plus que du chantier du nouveau sarcophage qui s’achèvera en 2017 et des différentes subventions que touche cette ville stratégique mais aux perspectives très limitées.

Membres du jury :
Sascha Renner, curateur à Coalmine, Winterthur. Président du jury
Thierry Gauthey, photographe et professeur au CEPV
David Wagnières, photographe et iconographe au journal Le Temps
Pour la Ville de Nyon: Veronica Tracchia, adjointe aux Affaires culturelles
Aurélien Garzarolli, tireur, membre du comité de FOCALE
Bertrand Cottet, photographe, membre photographe de FOCALE

Ouvrage à paraître
Le livre du projet : « L’Ange Blanc », sera publié en avril 2016 aux Éditions Noir Sur Blanc. Si vous souhaitez l’acquérir, vous pouvez vous rendre sur le lien suivant : http://www.slavuty.ch

Carte de situation