noirblanc

Nox

Pablo Carreras

12.03.2006

 — 16.04.2006

vernissage: 11.03.2006

«Nox» pour l’obscurité, le sombre, la nuit. Le travail de Pablo Carreras rappelle le voyage, l’errance, mais ce qui frappe, c’est que ses images ne nous amènent pas à transiter entre des lieux, mais davantage entre des univers, tant formels que personnels.

Au premier regard, son travail obsédant sur la forme, semble prévaloir sur le propos : flou récurrent, explosion du grain, contraste élevé, autant d’indices témoignant d’une intention délibérée de pousser le support photographique à ses limites.

Cette première impression passée, on se rend compte que cette forme, omniprésente sert les intentions du photographe : traitant de sujets très divers, allant du portrait au paysage, nous confrontant à la marge ou la déviance autant qu’à des individus de prime abord anodins, ce rendu formel donne au tout son unité, dans un climat tragique et mélancolique à la fois.

Il semble y avoir détournement: son travail en dirait plus sur lui que sur le contenu de ses photographies, comme si ce dernier devenait prétexte à une forme particulière d’autoportrait. Par ses sélections d’images, leur mise en séquences, Pablo Carreras recompose un univers irréel, proche de la fiction, mais qui lui appartient bel et bien.

Le caractère intime de cette démarche, comme la force de certains des «mondes» abordés dans ces photographies, appelle à une certaine pudeur: on n’a pas forcément envie de le questionner sur son approche des gens, ou sur ce qu’il y a derrière certaines images».