Roland Laboye: Personnages
Du 6 septembre au 11 octobre 2009
Conférence exceptionnelle du photographe
autour de ses images le 11 octobre à 16h
à la Ferme du Manoir, Nyon
Roland Laboye est né en 1944. Il devient photographe professionnel en 1969
et exerce son métier dans sa ville natale de Castres jusqu'à son départ pour
Montpellier où il est appelé pour prendre la direction de la Galerie Photo
de la ville. Prix Niepce en 1977, son parcours artistique le conduit dans de
nombreuses expositions à l'étranger surtout. En 1999, il publie un livre sur
sa ville : "Montpellier m'amuse".
Cet homme aime les gens.
Non pas qu'il s'intéresse à leur attrait physique, à leurs qualités ou à
leurs défauts, mais plutôt à leur faculté de s'inscrire dans l'environnement
qu'ils habitent. Les "gens" de Laboye sont intimement liés à l'espace
construit dans lequel ils évoluent avec aisance. La rue semble leur chez-
soi, un lieu intime juste fait à leur mesure, pour leur bien-être et leur
confort. Pas de gros plans ; pas d'effet spectaculaire d'angle de vue ; non,
une photo à hauteur d'homme, une vision de promeneur, à portée de regard.
Son Leica M armé d'un grand angle autorise une proximité semblable à une
main tendue. Le déclic sur l'appareil, c'est son bonjour discret et amical,
mais aussi caustique et souriant.
Tout se joue dans la malice du cadrage. Le regard de Laboye n'est pas
ordinaire, l'humour lui tient lieu de visée, et le sourire de point de vue.
Son ¦il est un compas qui compose le champ visuel en une géométrie
instinctive : il saisit une symétrie, traque une opposition, souligne une
perspective, découvre une suite arithmétique. Les gens semblent se fondre
avec l'architecture et jouer avec le décor. Chacun prend possession de
l'espace avec bonheur et simplicité, sans aucune gêne ni désagrément :
madame promène ses cinq chiens en laisse, la rue est à elle. Une sorte de
mimétisme s'installe avec le décor urbain : le joueur de pétanque tend son
bras à la manière de l¹Héraclès placé en arrière plan ; le passant tient son
menton comme la femme peinte sur le mur derrière lui. Même la publicité est
involontairement parodiée par ces passants qui deviennent pour l'éternité
d'anonymes acteurs d'un théâtre de l'instant .
La rue est une scène, et l'¦il de Laboye, son directeur artistique. Avec la
rapidité de l'éclair, il saisit la drôlerie d'une situation, et stoppe son
déroulement à l'instant crucial. Une fraction de seconde plus tôt, c'était
trop tôt, une fraction de seconde plus tard, c'était trop tard ! Il a cette
faculté d'anticiper l'événement, de pressentir l'inattendu, dans tout ce
qu'il a de malicieux et de drôle. Son ¦il toujours en éveil transfigure le
banal avec un sourire moqueur et subtil qui comble le regardeur.
Anto Alquier
Conférence exceptionnelle du photographe autour de ses images le 11 octobre
à la Ferme du Manoir, Nyon
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