En
quête de
Berlin
Aujourdhui Berlin
et hier Londres. Deux
capitales au cur
de lEurope pour
un infatigable marcheur
photographe. Christian
Schneider découvre
Berlin, comme jadis il
a parcouru Londres, laissant
son regard vaguer librement
sur les lieux et les
gens. Dans ses origines,
aucune attache avec ces
deux métropoles,
mais le cours de la vie
la conduit à
les fréquenter
et à les aimer,
lune avant lautre,
séparément.
Gardons dans lombre
les images de Londres,
le passé. Attardons-nous
sur ce Berlin qui se
dévoile avec discrétion.
De la nouvelle capitale
de lAllemagne unifiée,
érigée
en emblème de
la postmodernité,
Christian Schneider ramène
une vision en contrepoids:
guère dimages
darchitectures
avant-gardistes ni de
symboles du progrès
et de la puissance, et
encore moins le revers
extrême de cette
société en devenir.
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Berlin,
il le traverse et retraverse
par une diagonale qui,
de la Gedächtniskirche,
se prolonge sur linterminable
Kurfürstendamm.
Il ne le fouille pas,
il se laisse bercer par
un mouvement de foule
ou les bibelots dune
foire. Son il sarrête
sur des affiches féminines,
balaie les quais dune
gare à une heure
creuse. Et puis, comme
dans les rues de Londres
autrefois, subit lattrait
de quelques personnages
immobiles, mi-mannequins,
mi-humains, aux silhouettes
intrigantes qui semblent
exprimer la vacuité
de la vie. Bannie lexhaustivité,
refusé léclat,
atténués
les contrastes entre
présent et passé,
entre ouest et est, cette
photographie-là
creuse son écart
avec limage flamboyante
que Berlin veut aujourdhui
donner d'elle-même.
Encore une fois, Christian
Schneider entreprend
un voyage en solitaire.
Son regard sur les autres
et sur les lieux du quotidien
se révèle
une exploration introspective.
A travers le viseur de
son Leica, quil
affectionne tant, ce
nest pas une ville
quil regarde, ce
sont des échanges
entre ceci et cela, des
arrêts sur des
détails sans histoire.
Avec ses images, où
chaque ton de gris exprime
un état dâme,
il nous suggère
humblement sa quête
de soi.
Laura Bucciarelli
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