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Du
22 septembre au 27 octobre 2002
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Bertrand
Rey
BIRMANIE
UNE
FOI AU QUOTIDIEN
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De
ma première rencontre avec la Birmanie, je garde
surtout l'impression d'un intense choc culturel. Un
peu comme si ayant, en rêve, refermé derrière moi les
portes d'un univers familier, j'avais accédé à un monde
en tous points opposé à ce que, jusqu'alors, j'avais
connu. Rapport des gens à la spiritualité, à la matérialité,
à l'autre, à leur travail, ambiance au quotiden... tout
était si nouveau. De quoi décontenancer..
Qu'avait
été ma vie? Celle d'un enfant affligé d'une timidité
quasi maladive. au point qu'en groupe je parlais très
peu. Alors j'observais. De là, certainement, mon goût
pour la photographie. Photographier, ce n'était pas
seulement offrir un prolongement à mon acuité visuelle
développée; c'était aussi répondre à un besoin fondamental.
C'était comme entreprendre une thérapie qui allait me
permettre d'approcher les gens tout en m'accordant d'exister.
Dés lors, je n'ai cessé de les photographier en travaillant
par thèmes bien définis. La gare de Milan, le voisin
de mes parents, les enfants du quartier de la Bourdonnette...
tels ont été mes premiers sujets de prédilection. Chacune
de ces "séries" engagea au moins deux années
de ma vie. aucun militantisme dans tout ça, mais une
démarche intuitive. Je photographiais des êtres dont
je me sentais proche.
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Sur le plan personnel, 1994 s'est révélé une année
difficile. Aussi, ayant entendu un ami commenter
ses voyages en Asie du Sud-Est, ai-je décidé
de visiter le Viêtnam. La découverte de l'Asie
a été comme une claque. Quelle culture plus
éloignée de la nôtre? De quoi perdre l'essentiel
de ses repères. Alors, quand le même ami m'a
confié: "la Birmanie, c'es encore plus
fou", je n'ai pas résisté. |
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Dans
mon imagination, à lui seul, le nom de Rangoon
éveillait un épais mystère; l'image d'une ancienne
colonie britannique longtemps coupée du monde.
Mon arrivée sur place ne devait pas démentir
cette impression. En 1995, date à laquelle je
découvrais le pays, on commençait seulement
de délivrer des visas touristiques d'une durée
d'un mois. Question développement urbain, le
pays apparaissait comme figé depuis les années
70. La vision de l'aéroport international"
de Rangoon, comparable à celui de la Blécherette,
à Lausanne, donnait la mesure de ce phénomène,
avec son petit bâtiment sur la terrasse duquel
une foule, munie de parapluies, guettait tel
ou tel parent. En ville, la circulation y était
des plus clairsemées... si bien que, dés la
tombée de la nuit on pouvait même se promener
sur la route.
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Passée
cette impression de total dépaysement, j'ai
été surpris de constater la rapidité avec laquelle
je me suis senti en phase avec les Birmans.
Tout cela s'est fait comme instantanément.
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Sans
transition, sans que j'éprouve le besoin
de m'accoutumer, je ne suis vu baigner dans
quelque chose d'intimement familier. Sans doute
est-ce à ce fait que dois d'avoir été rapidement
accepté par les gens. Si j'étais bouddhiste,
je penserais que ma vie antérieure s'est déroulée
là-bas. Il est vrai qu'une certaine attirance
pour le bouddhisme, pour la spiritualité de
ses moines, remontait à mon enfance. Les images
de religieux en lévitation qu'on trouve dans
Tintin au Tibet et qui m'avaient alors bouleversé
ont dû jouer leur rôle. Rapidement donc, je
me suis intéressé à la vie quotidienne des moines;
à leurs activités; à leurs cérémonies. D'où
ces photos prises au fil de huit voyages de
deux mois effectués depuis 1995. |
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Ici
encore, mon approche des êtres s'est révélée plus intuitive
- et affective - qu'intellectuelle. De toute façon,
avec les moines, faute de connaître le birman, je ne
pouvais espérer approfondir le sens de la doctrine.
Quant à entreprendre son étude lors de mes retours en
Suisse, le sujet était trop énorme. Sans compter qu'il
n'est pas évident d'évoluer au jour le jour entre deux
civilisations...
Même dans ces conditions, le bouddhisme a beaucoup influencé
ma vie. Reste que, spirituellement, ma position demeure
celle d'un agnostique, de toutes mes fibres attaché
au peuple birman.
Bertrand
Rey
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Photographe à Lausanne, Bertrand Rey
collabore régulièrement au quotidien
Le Temps. Auteur de reportages sur le port
du Havre, la gare de Milan, le Valais, etc..,
il a exposé ses travaux dans différents
musées et galeries en Suisse. Depuis
1994, il a fait de nombreux voyages et séjours
dans les pays du Sud-Est asiatique, plus particulièrement
en Birmanie.
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ÓRobert
Hofer
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Le
livre
Birmanie,
une foi au quotidien
Bertrand
Rey
Texte : Olivier Germain-Thomas
Editions Payot, Lausanne 2002
Frs. 49.-
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