Philippe Ayral 

Histoires de Pierres
du 1er juin au 7 juillet 2002

Et la lumière fut. Dieu dit: «Que la lumière soit» et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière «jour» et les ténèbres «nuit». A partir de là tout était prêt pour que la lumière devienne écriture. La voie de la photographie était tracée. Pour le photographe les ténèbres s'appelèrent les ombres et la lumière resta la lumière. L'espace entre les deux fut divisé en zones de gris et chacun utilisa cette palette comme moyen d'expression ou de reproduction selon ses besoins ou ses états d'âme.
Ayral Philippe


Ce travail photographique est une mise en parallèle de deux architectures : - une abbaye cistercienne - des carrières d'extraction de pierre souterraines. Le sacré et le profane se rejoignent, part du hasard, part de la culture et de la tradition. En outre, ces carrières sont la part souterraine et cachée du " Val d'Enfer " qui inspira à Dante sa Divine Comédie. Une interrogation sur des similitudes subtiles de formes, d'espaces et de lumières. Un travail aussi sur la sensibilité et l'émotion de deux lieux à priori différents de part leur conception et leur finalité, qui se rejoignent dans une sensation de dépouillement, de proportions des formes et des jeux de lumières et amènent doucement à une sensation de plénitude, d'harmonie propices à la méditation, au retour sur soi. La conception de ce travail photographique ne se veut pas être un constat documentaire mais une balade sur ces différents lieux avec vue sur la scène et coup d'oil en coulisses. Travail sur le temps et l'évolution de la lumière sans quoi rien n'existe. La lumière crée ou recrée l'architecture d'un lieu, redéfinit un espace, esquisse ainsi un langage que la photographie révèle dans son écriture qui lui est propre (photographie = écrire avec la lumière). Travail sur les perspectives et les différentes notions de réalité autres qu 'objective (pour autant qu'elle puisse exister) : celle du photographe et du poète, en tout cas celle du montreur cherchant à faire partager ses sensations, son émotion la plus intime. Travail parfois de conteur ou de cinéaste avec ses travellings narratifs.
Philippe Ayral / Liliane Clément Juillet 2000