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Alger / désert "
Quand
l'invitation
nous fut faite en 2001 par la Fondation suisse Pro Helvetia pour
l'art et la culture de partir pour l'Algérie donner des
cours, exposer des oeuvres, rencontrer des étudiants de
l'Ecole des beaux-arts d'Alger afin d'élaborer des travaux
avec eux, nous avons accepté d'un coeur qui battit alors
d'autant plus vite que nous n'y étions pas retournés
depuis dix ans. Dix années pendant lesquelles ce pays superbe
fut indiciblement déchiré par la rapacité
et le fanatisme.
Déambulant dans la ville entrelacée d'ombres blanches
et d'éclats d'obscurité ou complètement saouls
des fascinations sahariennes (ah! les ivresses inédites
de nos étudiants dans le désert!) nous n'étions
pourtant pas dupes que d'éventuels mirages ne manqueraient
pas de troubler nos rétines et d'impressionner nos pellicules.
Mais n'en va-til pas ainsi de toutes révélations
(photographiques en l'occurrence) qu'on ne sait trop de quelles
réalités elles procèdent, sachant cependant
que c'est d'elles que va sourdre le réel?
L'exposition, quant à elle, se déploie en triptyque:
- "dessins.desseins" Alger, mai 2002 (MO) (quand ce
qu'il y a entre les lignes rassure, par sa température,
celle des lignes elles-mêmes).
- Les Femmes d'Alger (d'après - bien après - Delacroix)
(GM)
Et comme l'affirme notre ami poète Mohand Abouda "Hier
était sauvage, demain sera femme"
- Le Voyage côte à côte, Algérie II
(GM,MO)
J'avais écrit que tout l'art du voyage en couple consistait
à dévoiler à l'autre, par ses images, le
voyage que l'autre n'a pas fait, mais il me paraît aussi
important de préciser qu'à regarder ses propres
images, on n'a pas fait ce voyage-là non plus. pourrait-on
alors en rapporter, en deçà de l'impossible souvenir
du présent, sinon encore du présent hic et nunc?
Gérald Minkoff, 1er septembre 2003, L'Arbocet
A
l'occasion de cette exposition paraît l'album de Muriel
Olesen "dessins-desseins", Alger, mai 2002
édité à 500 exemplaires
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