Si l'on prend l'horizon comme la métaphore de l'espoir
et si l'on considère que l'immense lac Issyk-Koul recèle
les souvenirs du temps passé, on comprend que pour
les Kirghizes ce lac de montagne représente plus qu'un
simple plan d'eau.
La
troublante beauté du lac équilibre l'âme
de ce peuple face à l'issue incertaine de la vie. Le
doux et incessant murmure des vagues sur la plage leur rappelle
que le temps poursuit inexorablement son cours.
La
passage du Kirghizistan, d'une République de l'ex-Union
soviétique à un pays démocratique doté
d'une économie de marché ne se fait pas sans
quelques grincements de dents. Les Kirghizes apprennent par
les médias qu'ils font désormais partie de la
société globalisée. Mais alors que leur
président, Askar Akajev, parle de la " Suisse
d'Asie Centrale ", autour d'eux, les rares progrès
ne parviennent pas à compenser la déliquescence
des infrastructures et d'un grand nombre de valeurs traditionnelles.
A
leur arrivée, les visiteurs occidentaux sont saisis
par la beauté naturelle du pays et charmés par
l'hospitalité des Kirghizes. Ils jettent un regard
nostalgique sur l'esthétique soviétique omniprésente
alors que les gens du pays n'y voient que le symbole de l'immobilisme
de leur pays, du manque d'un véritable renouveau.
Or,
alors que la vieille génération est en partie
désillusionnée, nombreux sont les jeunes Kirghizes
pleins d'espoir qui veulent contribuer à reconstruire
leur pays.
Christoph
Schütz 2003