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LES ENTRAILLES DE BAYLÒN
La photographie de Luis invoque la brutalité de la conscience de tous les jours, récemment découverte.
La beauté sans artifice du souffle privé, intime, ultra personnel, aux émotions dévêtues d'architecture, au-delà du cru, où la sueur des corps et des objets menace de tacher l'image, à force de présence.
La photographie de Luis annonce le présent une seconde avant qu'il ne se produise. C'est le tremblement qui précède immédiatement la décision ou la prise de conscience, son toucher tient du présage, du souvenir d'un demi-sommeil, évanoui et retrouvé, elle a le goût du secret inscrit en caractères chiffrés sur le fourreau de l'anonymat, comme la pointe de la langue devinant la graine de tournesol entre les deux coques.
La photographie de Luis, ce sont les yeux de Siddhartha reconnaissant les entrailles de son peuple aimé. L'échelle est au 1/1, le papier supporte du nitrate non d'argent, mais de sang. Baylón se dissout dans l'air que respirent ses personnages, se transforme en contour inhérent d'où il négocie avec les fées des rues la mise au jour du sublime sous le quotidien.
Fernando Ruiz de Sobera, 2005
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