noirblanc

Encouble

Delphine Burtin

Actes Sud et Prix HSBC pour la photographie
2014
32.–

J’aime les accidents de la vue. J’aime lorsque l’on imagine voir quelque chose et qu’en réalité c’est autre chose. J’aime lorsque notre cerveau nous joue des tours et qu’il agit comme un trompe l’oeil, nous faire voir et croire ce qui n’est pas.

J’aime m’encoubler dans les images du quotidien, capturer ou recomposer des copies d’une réalité à (re)mettre en doute.

L’appareil photographique devient alors l’outil de mes expérimentations visuelles. En mêlant des images photographiées en studio ou en lumière naturelle, des découpages et des tirages re-photographiés, je tente de m’abstraire de la réalité afin de mieux la questionner.

Je m’interroge sur ce qui réside dans chaque image, avec à l’esprit cette question : comment interpréter ce que nous livrent nos sens ? Cherchant à dialoguer avec ce que l’on montre et  ce que l’on cache, je tends des miroirs déformants qui donneraient à voir une part de nous qui existe sans être pour autant la totale vérité. Tout cela devient une invitation à l’exploration métaphorique de nos rapports au monde et à l’autre.

*encouble : [hélvétisme] chose qui dérange, qui importune, qui gêne, qui embarrasse
s’encoubler : buter, trébucher.

 

Delphine Burtin