noirblanc

Mardi de FOCALE – Rencontre avec François Schaer

→ Découverte de son ouvrage Jours Blancs

20.01.2015
19h

"Ma passion pour la montagne a été le déclencheur de cette série sur la neige. Au travers de ce travail, j'ai cherché un angle nouveau et positif, qui soit en lien avec mon rapport personnel avec la montagne en hiver. Il était important que mes photographies se démarquent des approches critiques sur le tourisme de masse et la défiguration du paysage alpin pour proposer une sorte de conte surréaliste. Une approche purement documentaire, autour des différents acteurs des sports alpins et un traitement plus sériel autour du paysage de piste de ski constituent la colonne vertébrale de ce travail. Depuis le début du 20ème siècle, l'invention des sports d'hiver a façonné le patrimoine alpin. Les pistes de ski apparaissent désormais comme un “paysage domestiqué“ dans lequel il est impossible de ne pas rencontrer des traces de la présence humaine: filets de protection, balises, pare-avalanche, poteaux signalisateurs, remontées mécaniques, chalets d'alpage.

Mes paysages de piste de ski proposent d'affirmer la singularité de ce “nouveau paysage contemporain” à travers un regard qui s'apparente aux peintres romantiques du 19ème siècle: loin de dénoncer la dégradation de la montagne, j'en souligne au contraire l'esthétique propre, le sublime.

Jours blancs propose également de se pencher sur les coulisses du monde de la neige: des figures devenues aujourd'hui familières entretiennent cette mutation de la montagne en un monde de jouissance: ratrakeurs, employés des remontées mécaniques, patrouilleurs, nivologues, moniteurs de ski, etc.

Je suis allé à la rencontre de ces travailleurs de l'or blanc pour en restituer un portrait sans fard suggérant une autre réalité liée aux métiers de la montagne en hiver.

Les skieurs sont quant à eux montrés non pas dans leur individualité mais à travers un jeu d'échelle laissant supposer que même domestiquée la montagne nous domine largement. Le choix de photographier uniquement par jour blanc permet de nous projeter dans une autre dimension, théâtrale, un peu comme lorsque le rideau est tombé, à la fin du spectacle. La présence des éléments qui habitent la piste de ski semble alors incontournable, dans ce décor une lueur blanche uniforme enveloppe les sujets et leur donne une certaine légèreté, le ski devient un conte surréaliste..

Jours Blancs pourrait être lu comme un catalogue décalé des sports d'hiver."

Couverture de Jours Blancs