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Prix FOCALE – Ville de Nyon

© Tony Kunz - Wolf
© Tony Kunz - Wolf
© Tony Kunz - Wolf
© Tony Kunz - Wolf

Le jury

Jean Perret, directeur du Département Cinéma/Cinéma du réel de la Haute école d’art et de design de Genève. Président du jury 2016
Fabio Lo Verso, journaliste et fondateur du mensuel La Cité
Christian Lutz, photographe
Pour la Ville de Nyon: Veronica Tracchia, adjointe aux Affaires culturelles
François Schaer, photographe, membre du comité de FOCALE
Jérôme Müller, photographe, membre du comité de FOCALE

Dans un souci d’égalité, tous les dossiers ont été rendus anonymes, ainsi le jury n’avait à disposition que les images et le texte explicatif.

Le lauréat: Tony Kunz avec la série Wolf

Grâce au soutien de la Ville de Nyon, FOCALE est heureuse d’annoncer l’exposition de Tony Kunz, lauréat de la cinquième édition de son prix, qui offre à un photographe talentueux un lieu d’exposition et un soutien à la production d’un montant de 5’000 francs.

Même si le Prix FOCALE – Ville de Nyon ne revient qu’à un seul photographe, le jury tient également à féliciter Neige Sanchez et François Vermot pour leurs travaux respectifs.

«Wolfgang a 50 ans. Il me dit en avril 2013 qu’il a un cancer du colon. Je lui propose de l’accompagner et de le photographier à l’hôpital ainsi qu’à son domicile.
A l’hôpital, le rituel est toujours le même: prise de sang, salle d’attente, rencontre avec ses docteurs, chimio, parfois une radio, parfois une IRM. ‹Tout ce que j’ai fait et ce que j’ai vécu devait-il me conduire là? A quoi cela sert d’être malade?› me dit-il dans la salle d’attente.
A son domicile, je retrouve Wolfgang envahi d’objets qu’il n’arrive pas à débarrasser. Dans ce capharnaüm méthodiquement arrangé, je le fais poser, pour quelques minutes seulement, car il est trop affaibli.
Cette confusion entre la mise en scène dans son appartement et le pris sur le vif à l’hôpital apporte une vision très personnelle sur la fin de son existence, la solitude et la mort.»

Tony Kunz (Suisse, 1969) aime la photographie qui met en lumière l’être humain, la société, ainsi que le portrait. Dès l’âge de 16 ans, il s’intéresse à l‘image et aux voyages, puis étudie la photographie à Lyon. Il devient freelance en 1999.
Le photographe collabore avec différents stylistes et magazines dans le milieu de la mode; Edelweiss et Profil Femme notamment, pour des marques horlogères (Parmigiani, Hublot) et différentes institutions (UBS, Nestlé).
En 2006, il participe au Festival Images, avec une série sur un voyage de deux mois en Amazonie. En 2007, il expose à Lyon un reportage réalisé au Sénégal sur les lépreux, les talibés et les tirailleurs.

«Les images en de courtes scènes s’emboîtent, se complètent et esquissent un récit qui est au cœur du geste premier de la photographie. Observer la mort comme la vie au travail. Le personnage dont nous faisons la connaissance est soigné dans un milieu hospitalier, mais ce récit-là, assez répandu, de l’homme en souffrance ne suffit point pour en cerner plus avant les dimensions singulières. Et Tony Kunz transgresse avec un certain bonheur espiègle, et paradoxal en de telles circonstances, les codes du portrait de malade. Il place son personnage sur d’autres scènes de son existence. Et quelle surprise de découvrir son tonneau de Diogène, où il pose casqué. La provocation est joyeuse et paraît se nourrir du cynisme ludique du philosophe grec. Mais la charge métaphorique de ces images est de taille, quant à considérer cet ordre fait d’un désordre considérable propre au dérèglement de tout un univers, de toute une vie.
Visage grave, visage masqué, présence muette et sérieuse. Puis ce saut encore dans une autre dimension de la mise en scène, celle voulue par le personnage peut-être, l’énigme pour ce qui concerne le pacte passé entre le photographe et l’homme reste entière. Celui-ci est allongé sur le dos en pleine nature et tient dans sa main ce qui doit être un déclencheur à distance d’un possible appareil photographique. S’agit-il dès lors d’un dispositif d’autoportrait que saisit Tony Kunz? L’homme couché met-il le feu à lui-même, lui que l’on voit ensuite tout auréolé de fumée? De quel fantasme ce jeu se nourrit-il, sinon de celui de l’enfance dont les jeux ont le goût de l’innocence ingénue, seule à même de mettre en échec le temps qui abuse des corps et des esprits, ultime parade afin de tenir à juste distance en un miroir spectral la mort qui va et qui vient. Afin de conjurer la peur du Wolf?»
Jean Perret, président du jury.

L’exposition de Tony Kunz aura lieu à FOCALE du 6 novembre au 18 décembre 2016. Vernissage le 5 novembre dès 17h30.